PORTRAIT – S. & C. Rimet (Basilic&Co Montélimar) : « Le goût annoncé des produits se ressent dans les recettes »

PORTRAIT – S. & C. Rimet (Basilic & Co Montélimar) :
« Le goût annoncé des produits se ressent dans les recettes »

Durant plus de 35 ans, Serge Rimet a pratiqué avec passion son métier de commercial dans la jardinerie et l’animalerie, avant de se lasser de l’instabilité des décisionnaires de sa vie salariée. De son côté, son épouse l’a suivi dans sa carrière en consacrant son activité professionnelle à une vocation : le bien-être des personnes âgées, malades ou handicapées.

Tous deux ont choisi de mettre leur énergie, leurs compétences et leur sens du contact dans un projet familial : la création d’un restaurant Basilic & Co à Montélimar, ouvert en juillet 2015.

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Commercial dans le milieu de la jardinerie… itinérant

Dans la droite ligne de son bac F4 « Génie-civil », Serge Rimet se voyait devenir conducteur de travaux comme son père, un métier mêlant technicité et commercial. L’appel de la vente sera plus fort, et l’amènera à déménager sept fois en quatorze ans dans le sud-est de la France.

DSC_1265-220px« Après quatre années dans un bureau comme dessinateur-projeteur au Ministère de l’équipement à Lyon, je ne souhaitais plus rester derrière une planche à dessin. J’ai démarré dans l’activité commerciale par une connaissance, qui m’a formé et permis d’intégrer Fertiligène, une société française de produits de jardins destiné aux amateurs. Nous prospections notamment les grandes enseignes de la jardinerie, telles que Truffaut ou Jardiland. On va alors régulièrement me confier les secteurs de vente qui ne marchaient pas, en me faisant changer d’affectation une fois que je les avais relancés. Je déménagerai ainsi sept fois en quatorze ans, avec une épouse qui aura la gentillesse et la patience de m’accompagner dans ma carrière professionnelle aussi bien dans le Var, la Drôme, le Rhône ou encore les Alpes-Maritimes.

Je démissionnerai de Fertiligène au moment de son rachat par un grand groupe, sans que la promesse de me faire passer chef des ventes, faite durant de longues années, n’ait été tenue par mon employeur… Je resterai encore quatre années dans le même milieu du jardin, avec cette fois la responsabilité d’un secteur. La récession contraint mon nouveau patron à un licenciement économique, alors nous venions, avec ma femme, de faire construire une maison et d’avoir notre deuxième enfant…», se souvient Serge Rimet, aujourd’hui franchisé Basilic & Co à Montélimar.

La sécurité de l’emploi plus garantie, même quand on se donne à 200%

L’un des amis de Serge Rimet, en délicatesse avec sa santé, lui propose alors conduire son entreprise durant une absence qui s’annonce longue.

« Pendant deux années, j’ai changé d’univers, avec la pièce automobile, et de taille de secteur, avec des ventes dans toute la France, en pratiquant mon activité commerciale jusqu’à la maîtrise complète d’un compte d’exploitation, et en gérant intégralement une affaire. Quand mon ami a repris sa place à la tête de sa société, mon formateur à Fertiligène m’a offert de devenir chef des ventes, avec la responsabilité de douze commerciaux, chez un grand fabricant de produits dans l’animalerie. Nous sommes repartis sur la route, à Chambéry, en vendant notre maison, pour une nouvelle expérience passionnante… Je pouvais passer d’une tenue costume/cravate à jeans/bottes car nous travaillions sur trois typologies de clientèle différentes : les grandes centrales d’achat régionales, les vétérinaires et les éleveurs.

DSC_1235-220pxMais la maison-mère a voulu reprendre le leadership sur mon responsable, et toute personne qu’elle n’avait pas directement embauchée n’était plus la bienvenue… En étant itinérant dans sa carrière professionnelle, on s’enrichit de mentalités et de personnes différentes, mais il est compliqué de créer des relations durables, notamment pour ses enfants. J’ai été engagé pour développer l’activité commerciale d’un ancien distributeur des produits Fertiligène. Toute ma petite famille est alors partie dans le Var. Il était vraiment temps de se poser ! Cela a duré dix ans, avant que mon patron, fatigué par le jeu des marques qui génère de l’instabilité pour les distributeurs, ne soit contraint de me licencier.

Ma dernière expérience professionnelle salariée, avec de nouvelles promesses de promotion déçues, m’a définitivement convaincu de devenir entrepreneur. Il n’existe plus vraiment aujourd’hui de sécurité de l’emploi, même lorsque l’on se donne à 200% et que l’on fait passer son boulot avant sa vie de famille. Dans les grands groupes comme dans les moyennes entreprises, on se sert de vous tant qu’on en a besoin, et l’on ne fait pas de sentiment pour se séparer de vous.

De plus, même si j’avais toujours eu la chance de rapidement retrouver un emploi, obtenir une fonction à la hauteur de ses compétences était devenu difficile à mon âge. A 56 ans, il me restait encore pas mal de temps à travailler, et je ne souhaitais pas redevenir commercial de base. Dans son parcours, ma femme en était arrivée à la même conclusion : nous avions acquis suffisamment d’expérience pour nous lancer à notre compte et utiliser notre énergie, nos compétences et notre sens du contact à notre profit », explique Serge Rimet.

Un projet familial

Durant 33 ans, Christine Rimet, l’épouse de Serge, avait consacré sa vie professionnelle à des personnes âgées, malades ou handicapées en structure ou à domicile.

« Si je suis devenu auxiliaire de vie sociale par hasard, j’ai profondément aimé mon métier, au point d’être régulièrement surnommée Mère Teresa. Mes chefs ne voulaient d’ailleurs pas que je quitte leurs services à chacune des mutations de mon mari. J’ai exercé cette activité comme une vocation, sans jamais compter mes heures, aussi bien en association que pour des mairies ou des entreprises privées, afin d’apporter du bien-être à des laissés-pour-compte.

Plus les cas étaient lourds, notamment pour les personnes touchées par la maladie d’Alzheimer, plus je me sentais à l’aise dans mon environnement. Ce qui a généré des relations humaines fortes. La nouvelle génération d’auxiliaires de vie sociale est aujourd’hui loin d’être aussi sensible à cet esprit de partage… La perte rapprochée de mes parents a provoqué un déclic : comment aider des personnes étrangères à ma vie quand on n’a pas su aider les siens ? Nos supérieurs nous en demandaient toujours plus, sans forcément de reconnaissance à la clé. J’ai alors choisi de démissionné, et de changer d’existence, comme mon mari, à un an d’intervalle.

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Avec Serge, nous voulions créer notre entreprise ensemble après avoir toujours travaillé séparément. Le projet était même familial, avec notre fille de 27 ans, Gaëlle, qui après deux BTS – « Tourisme » et « Management Unité Commerciale » – cherchait encore sa voie, et notre fils de 20 ans, Florian, qui se destinait à l’école hôtelière. Le but est que nos enfants reprennent un jour les rênes de notre affaire.

Le système de franchise s’est imposé par rapport à nos âges et nos parcours professionnels : nous désirions nous lancer dans une activité nouvelle, et pour réussir à devenir indépendants, on avait besoin d’un accompagnement pour nous guider et nous conseiller dans la pratique de notre nouveau métier. Une publicité nous a conduits à visiter Top Franchise Méditerranée. Je pensais alors à vendre des fleurs ou des bijoux… et nous sommes tombés sous le charme de Basilic&Co ! La personnalité du fondateur, Laurent Bassi, nous a plu, ainsi que le concept dans son ensemble, qui ne s’arrêtait pas simplement à l’idée d’introduire des produits nouveaux sur le marché. Nous sommes gourmands et gourmets, mais, même si nos parents ou grands-parents étaient commerçants dans la restauration, nous n’étions pas cuisiniers de métier.

Le week-end suivant, nous avons réservé un hôtel à Grenoble pour tester incognito un restaurant-pilote de l’enseigne. On a même commandé une vingtaine de pizzas pour le lendemain, afin de les faire goûter à nos amis et notre famille. Tous nos proches ont dit banco ! », assure Christine Rimet.

Construction progressive et passionnée du réseau

La rencontre avec Laurent Bassi, fondateur de l’enseigne, sera aussi déterminante que l’adéquation entre sa vision du marché et la mise en pratique du concept dans les unités-pilotes. Comme l’indique Serge Rimet.

« Dès l’âge de dix ans, lorsque je vivais au Maroc avec ma mère, je cuisinais, des pâtisseries de préférence. En regardant mes grands-parents, je me disais que ce serait fou d’avoir à mon tour mon propre restaurant. J’ai songé à l’école hôtelière, mais de retour en France, auprès de mon père, je me suis orienté dans mes études dans la voie du BTP. Par la suite, l’amour du challenge, de la compétition, et de la vente d’un produit réellement utile m’ont permis de m’éclater pendant plus de 35 ans dans une fonction commerciale. Mon métier ne m’a jamais lassé, mais la façon dont j’étais utilisé, oui !

DSC_1241-220pxSur la liste des exposants Top Franchise Méditerranée, j’avais remarqué le nom de l’enseigne Basilic & Co, qui évoquait le haut de gamme, mais plutôt dans l’épicerie fine. C’est seulement en passant devant le stand que  j’ai découvert la signature « pizzas de terroir ». Nous avons discuté une heure et demie avec Laurent Bassi, qui a construit de manière progressive et passionnée son enseigne, en réfléchissant au plus petit détail. Quand on écrit 500 à 600 pages sur toutes les procédures pour gérer un restaurant Basilic & Co, aussi bien dans le management, que la gestion ou l’organisation en cuisine, c’est que l’on a forcément potassé à fond son concept !

La journée découverte dans les unités-pilote du réseau, réalisée peu de temps après cette rencontre, nous a conforté dans la maturité du franchiseur et de la transparence de ses projets. C’est super sécurisant et réconfortant, avant même de parler business, de vérifier que le discours sur la qualité du concept correspond à ce qui se passe concrètement sur le terrain, dans les établissements. Nous disposions du minimum requis pour l’apport personnel, nous souhaitions nous établir dans la Drôme dont nous étions originaires, la zone de chalandise de Montélimar, située un bassin de population de 65 000 habitants adapté au concept Basilic&Co, était disponible… Nous avons donc signé en mars 2014 pour la version « sur place » et « à emporter », car je tenais à avoir le temps d’échanger avec les clients », souligne Serge Rimet.

Recherches du local et du financement compliqués

Il faudra encore plus d’une année de patience au couple avant de lever le rideau.

« Nous avons rapidement repéré le lieu d’implantation idéal, sur une route fréquentée entre le centre-ville de Montélimar et une grande zone commerciale, où d’autres enseignes de franchise s’étaient installées. La recherche du local s’est avérée longue, car les emplacements au bord de l’avenue étaient chers. Basilic & Co ne souhaitait pas que nous soyons en retrait du trafic routier, mais cela a été finalement l’option choisie, avec un supplément de communication au démarrage pour compenser le déficit de visibilité. D’autant que le temps pressait, car nous approchions de nos réserves financières. La propriétaire de ce local grand et spacieux a été patiente, et après plus de six mois d’attente, nous pouvions nous mettre en quête du financement.

DSC_1245-220pxMalgré un business plan de qualité, les banquiers estimaient prendre des risques sur un projet entrepreneurial dans la restauration avec une jeune franchise. C’est la mise en relation avec un courtier en crédit professionnel implanté localement par Basilic & Co qui a permis de débloquer notre situation. Avec Laurent Bassi et le courtier, on a insisté sur la vision du franchiseur pour notre projet. Le conseiller du Crédit Agricole, qui a accepté de nous recevoir juste avant Noël peut-être juste pour faire plaisir au courtier, avait comme meilleur ami un habitant de Romans-sur-Isère qui ne jurait que par les pizzas de l’enseigne ! On a même dû minimiser le chiffre d’affaires prévisionnel pour correspondre aux critères de sélection de la direction régionale à Grenoble. Mon conseiller s’est montré à l’écoute. Il a cru que l’on pouvait sortir de l’ordinaire dans la restauration avec des pizzas. Il est même devenu un client régulier de notre établissement, puisqu’il vient aujourd’hui une à deux fois par semaine avec son équipe.

Je pense que nous avons aussi été aidés par un prêt d’honneur à taux zéro d’un montant de 15 000 euros, obtenu auprès d’Initiative Portes de Provence. Le jury, composé d’une dizaine de personnes de tous horizons – chefs d’entreprise, banquier, comptable, avocat… -, m’a senti passionné et m’a avoué que j’avais « vendu mon projet de manière extraordinaire ». A 300 000 euros d’investissement initial, c’était l’un des projets les plus importants de cette plate-forme d’aide et d’accompagnement des créateurs d’entreprise ! Comme ce prêt est réalisé à titre personnel, il a pu faire partie de mon apport personnel », insiste Serge Rimet.

Formation dure et intense

La formation pratique se déroule durant un mois dans l’unité-pilote de Grenoble en mai et en juin, avant l’ouverture le 27 juillet à Montélimar. Elle s’avère particulièrement intense, selon Christine Rimet.

« Même si notre formation pouvait davantage alterner la théorie et la pratique, elle nous a permis d’expérimenter intégralement le concept. Par exemple, en passant nous-mêmes les commandes pour l’établissement. Yannick, notre formateur, s’est montré extrêmement accueillant et professionnel, avec une très grande exigence dans le travail. Il nous répétait : ce n’est qu’en apprenant l’activité à 100%  qu’on ne peut retenir l’essentiel.

DSC_1261-220pxNous avons vécu cette formation en famille. Nous logions à quatre dans un trente mètre carrés ou en mobil-home, et nous étions aussi en plein déménagement pour revenir habiter sur Montélimar. J’ai ressenti de la pression, de la fatigue… C’était dur, notamment physiquement, mais nécessaire à endurer. On ne pouvait pas ouvrir le restaurant sans passer par ce régime quasi-militaire. Avec Serge, nous n’avons pas tout de suite trouvé nos marques, il y a eu des étincelles dans le fonctionnement entre nous… Mais après quatre mois d’activité, une vraie organisation s’est mise en place. Serge et moi prenons les décisions majeures ensemble, tout en possédant chacun son domaine de compétences. Je m’occupe plus particulièrement du management et de la tenue de l’établissement, et mon mari, de la gestion et de la fabrication des recettes. Chacun possède aussi son binôme lors des services : moi avec ma fille, et mon  mari avec mon fils.

Nous sommes très complémentaires dans l’activité, ce qui aide à traverser les périodes difficiles, car on se rebooste mutuellement le moral. Avec mon mari, nous passons aussi nos jours de repos ensemble, pour ne pas vivre que pour le travail.

Nous avons bien démarré en août, avec une offre découverte. Nous fidélisons la clientèle et nous attirons de nouveaux consommateurs, avec des profils variés, y compris des groupes de jeunes trentenaires, qui repartent de notre restaurant avec le sourire. Dans un gros village comme Montélimar, le bouche à oreille, c’est essentiel ! », indique Christine Rimet.

Une promesse sur la carte qui se retrouve dans les assiettes

Depuis le début de l’aventure entrepreneuriale, le franchiseur s’est montré présent à toutes les étapes de la construction et de l’exploitation du projet.

DSC_1262-220px« Laurent Bassi est venu nous accompagner avant et après l’ouverture, durant une semaine, pour vérifier que les fondamentaux avaient bien été intégrés et nous alerter sur certains points à améliorer. Nous nous sentions sécurisés par sa présence. Son aide n’était pas seulement physique mais également morale. Aujourd’hui encore, je l’ai régulièrement au téléphone. L’enseigne reste force de solutions sur tous types de problématiques, et c’est à ce souci du détail que l’on mesure d’avoir choisi une franchise digne de ce nom. La formule du concept est bonne et cette promesse de réussite se retrouve aussi dans l’assiette de nos clients. Entendre que nos pizzas sont succulentes et n’ont rien à voir avec la concurrence, que le goût des produits annoncé sur la carte se ressent dans les plats cuisinés, est une vraie satisfaction, bienvenue après tant d’efforts !

Dans l’entrepreneuriat, il faut savoir se montrer patient, en particulier quand les dossiers administratifs n’avancent pas, garder le moral et toujours continuer de se préparer à la suite des opérations. Car quand cela se déclenche enfin, tout se précipite ! C’est en tous cas l’un des enseignements majeurs pour mon fils, dont j’espère qu’il nous succédera un jour à la tête de l’affaire », conclut Serge Rimet.